Mon travail est de monitorer, paramétrer, installer des serveurs informatiques pour plusieurs entreprises clientes. En général ce sont des serveurs de clients légers, des contrôleurs de domaine, des proxys, des bases de données. Un prestataire installe le réseau, je ne me déplace que pour installer les serveurs et en cas de grosse panne, et j'assure tout à distance, même les sauvegardes. Une équipe assure le développement des progiciels et des intranets, une autre assure les dépannages courants et la formation des utilisateurs. Elle ne parlait pas de son travail.
Chloé continuait à utiliser mon wifi pour sa connection internet. C'est elle qui m'a prévenu que ça ne fonctionnait plus.J'ai réparé assez rapidement J'avais un proxy (un système de filtrage des flux informatiques), je l'avais installé pour faire des essais, puis l'avais presque oublié. J'ai eu la curiosité de lui demander ce qui passait sur la ligne. Chloé s'était connectée, je voyais les logs en direct sans qu'elle ne le sache. Le proxy attrapait les clés de chiffrage à la volée pour pouvoir tout filtrer. une série de ligne de logs m'indiquaient qu'une première clé ssl avait été déchiffrée, suivie de d'autres mécanismes de chiffrage. Sans même avoir une arrière pensé perverse, par frustration de ne pas maitriser le truc, j'ai reconstitué les paquets ayant transité, grâce aux clés obtenues par le proxy, je les ai déchiffrées. ça ressemblait à un mail. le texte déchiffré était très court : "Engagement ok Target: Didier Schmitt"
J'eus honte de moi, j'ai débranché le proxy après l'avoir effacé, et remis la connection en direct sans filtre.
''Il s’agit d’un essai sans prétention. Je prends plaisir à laisser courrir mon imagination et martyriser mon clavier.
Thémis est une fiction racontée par épisodes. Une tueuse à gage employée par une puissance obscure, dans une france corrompue. Bonne lecture !''
Fil des billets de Thémis (si je persiste)
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La porte de l’ascenseur s’ouvrit. Un matelas (emballé dans son plastique) en sortit, porté par un homme en bleu de travail. l’intérieur de l’ascenseur avait des housses de protection. La concierge les met à chaque déménagement. Étant au premier étage de mon immeuble, je me suis dirigé vers la porte de l’escalier. Celle-ci s’est ouverte et a percuté mon visage.
_Veuillez m’excuser
C’était le matin, j’étais de mauvais poil comme d’habitude, j’allais travailler à reculon. Je me suis retenu de raler.
_Non ce n’est pas grave .
J’ai regardé mon agresseur,en commençant par le fusiller du regard Elle était jeune, à peu pres comme moi, petite, plutôt jolie Ma main passa sur ma lèvre. Je saignais. C’est stupide, mais je me suis senti gêné de saigner devant elle. Ce doit être un truc masculin, on n’aime pas paraître vulnérables. Tout en sortant un mouchoir de mon sac contenant le mini PC pour faire une compresse. Je lui ai demandé si elle emménageait. '' _Oui, pour quelques mois. Je suis vraiment désolée. Vous avez du sang sur la joue.''
Elle ne m’avais même pas demandé si je n’avais pas mal... ou dit un ineptie du genre "ça va ?".
_Je vais me nettoyer ça. Lui dis-je.
Je me suis dirigé à mon appartement sur le pallier tout en lui demandant si elle était de la région. Elle m’a répondu que non. je suis entré et suis allé dans la salle de bain, juste à l’angle, laissant les portes ouvertes. J’ai regardé la blessure dans la glace,
_Vous ne m’avez pas loupé.
Elle s’est encore excusée, je me suis senti obligé de m’excuser à mon tour d’en rajouter. Un coup de gant de toilette pour enlever le sang et de l’essui tout pour faire une compresse.
Elle s’était rapprochée de ma porte en traînant un gros sac. Le déménageur était en fait un livreur. il l’interrompit pour lui faire signer un papier.
_Je vous aurai bien fait un café pour me faire pardonner le temps que le saignement passe, mais mon studio est bien vide.
L’impression d’être trop gentil, je lui souris.
_C’est une bonne idée, je vous propose un café.
Nous avons discuté une dixaine de minutes, puis j’ai repris ma route vers le travail, en retard...
Ce n'est que le lendemain soir de la rencontre entre la porte de l'escalier et ma lèvre que j'ai eu à nouveau l'occasion de revoir ma voisine. Je descendais ma poubelle, elle rentrait dans l'immeuble. On peut rêver de mieux comme occasion.
Elle était en tailleur, mais ce n'était pas ringard, brune, les cheveux épais lui arrivaient dans le cou. En guise de sac à main elle avait un sac serviette noir Apres un échange de bonjour, elle me demanda si on pouvait se tutoyer.
_fais voir ta lèvre?
J'ai tourné ma tête pour lui montrer. Elle attrapa ma mâchoire dans sa main et me tourna le tete assez de façon brusque.
_On ne voit presque plus rien, ce n'est même plus enflé. Lorsqu'elle relâcha ma mâchoire, nos regards se croisèrent. Je ne me suis toujours pas présentée. je m'appelle Chloé.
Enchanté, moi c'est José.
Ensuite en s'excusant d'être opportuniste, elle me demanda si elle pouvait passer boire un café et profiter de ma connection internet pour relever ses mails et envoyer quelques documents pour le travail.
J'ai donc profité de sa compagnie pour la soirée. elle s'est installée sur mon canapé, un netbook sur les genoux. Accueillie comme il se doit dans ma taverne, avec café toussa toussa. Je suis administrateur réseau, le big brother de mon entreprise, blasé, en général je n'ai aucune curiosité de savoir ce que font les gens sur leur ordinateur. J'ai pu apercevoir qu'elle avait ouvert une console (un terminal texte) sur son PC. ça m'a étonné, pensant que c'était réservé aux geeks. Je n'y ai pas prêté attention, essayant de limiter les discussions sur l'informatique au minimum avec les demoiselles.
Au sujet de son travail, elle m'a expliqué vite fait qu'elle faisait des audits pour le compte d'un cabinet d'expertise étranger... un truc comme ça. Je l'ai invitée ensuite au restaurant japonais. (mon frigo était mal garni). Lorsque je lui ai proposé de rejoindre des amis dans un pub, elle m'a répondu qu'elle ne souhaitais pas.
Nous nous sommes revus régulièrement les semaines suivantes, chez l'un ou l'autre à l'improviste, parfois au restaurant, mais toujours seuls. Une fois, j'ai été plus insistant pour qu'on sorte avec du monde. Elle m'a dit:
_José, je ne souhaite pas faire de connaissances en ville. c'est mon choix, j'aimerai que tu n'insistes pas s'il te plait, et ne cherche pas à savoir pourquoi.
... A suivre...

